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Beaumont Triathlon
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TRAIL DE CARCASSONNE PAR THIBAUD

TRAIL DE CARCASSONNE PAR THIBAUD

C’est sans doute la compétition que j’attendais le plus. Mes premiers rêves sportifs concernaient le trail, la longue distance. Cette course est donc la première d’une longue séries. Je n’ai jamais vraiment su comment démarrer cette aventure. Je me suis souvent dit que j’avais le temps, que ces compétitions étaient réservées pour des coureurs plus endurants, plus expérimentés. Alors comprenez par-là qu’à la fin d’année 2018, lorsque les plannings de Beaumont Triathlon se construisent, je me suis posé beaucoup de questions. A part un triathlon en équipe à Vernon, aucune course n’avait été longue. Rien ne me donnait de garantie, et vous avez pu constater avec le temps que j’apprécie être dans ma zone de confort. Et pourtant, grâce à tous vos encouragements et soutiens, je m’inscris sur le Tours’N Man, puis je recherche un trail en fin d’année. Olivier, Gio et Maxime sont partants d’entrée. L’idée de départ est de partir sur Les Templiers, une course qui permettrait à Gio de prendre des points pour La Diag. C’est dans ce genre de moments euphoriques où je m’y suis vu aussi... à cette Diag, déjà en train d’engranger ces points alors que ma plus longue compétition en trail n’avait même pas duré une heure... Allez donc savoir pourquoi.

Le début 2019 était consacré à ce premier IM, et pendant cette préparation il me semble que nous avons loupé l’inscription pour Les Templiers (et au final fort heureusement vu que la compétition a été annulé à cause des conditions météo). Nous nous rabattons donc sur un trail à Carcassonne. Il est vendu pour un 65km 2100D+, cela convient à tous. Nous nous inscrivons à 3 sur cette distance et Maxime nous accompagnent sur le 40km. Le premier objectif de la saison est rempli malgré des soucis de santé, la préparation que j’avais suivi pour mener à bien ce projet a été très entachée. La forme revient au fil de l’été, et je me tourne tout doucement vers le deuxième objectif de la saison. La compétition est le 26 octobre, je décide donc de me lancer dans un plan de 12 semaines. J’avais besoin de couper un peu en juillet, où j’ai principalement roulé avec mon nouveau jouet, le fameux Tarmac .

Nous sommes le 5 août et c’est le début de ce programme. Il est assez chargé mais je ne crains pas le volume d’entrainement. Une bonne lecture du mois de juillet me donne des idées sur la façon de m’alimenter pour bien récupérer de toute cette charge qui va arriver assez violemment (Lien du livre à la fin du CR). C’est donc à raison de 5 à 6 fois par semaine que je pars courir avec une semaine légère chaque mois pour progresser. Je n’ai pas souvenir d’une seule séance qui m’ait semblé pénible. La variété des séances me permet d’en partager pas mal en groupe. J’ai la chance fin septembre de partir en week-end à Thonon avec ma Rosy, l’occasion de faire ma première excursion en montagne. La Dent d’Oche est donc mon premier sommet à plus de 2000m franchi. C'est quelque chose de banal pour la plupart des gens, mais ce moment me conforte dans l’idée que ce trail sera une superbe découverte. Tous les voyants sont au vert, la forme est là, je me sens prêt. Il a souvent été question qu’Olivier et moi fassions la course ensemble. J’étais pour au début de la préparation car c’est avec cet état d’esprit que nous avons abordé ce trail. Je n’avais pas d’objectif de classement, vu que je me lançais une nouvelle fois vers l’inconnu, mais tout en gardant cette philosophie, j’ai décidé de faire ma course seul. Nous étions quelques jours avant la compétition, je n’avais rien peaufiné, je ne m’étais pas alimenté idéalement et je n’avais pas prévu de rectifier le tir, mais j’avais envie de faire ma course. Les orages qui ont perturbé la région au début de la semaine m’ont fait peur, j’avais envie d’être sur la ligne de départ, j’avais peur que cette édition soit annulée comme Les Templiers. Le calme est revenu dans la région et nous étions sûrs de pouvoir participer à cette course, à conditions de pouvoir nous y rendre. Les voies de trains après Montpellier n’étaient plus en état de fonctionnement et grâce à la grande capacité de communication de la SNCF que je connais bien, je me suis retrouvé a changé mes billets de train jeudi à 20h pour suivre Olivier et Gio dans leur périple vers Montpellier. Aline et moi avons décidé que je partirai seul. Je perds donc toutes mes facilités logistiques autour de la course. Autant vous dire que j’ai eu bien des surprises en voyant tout ce que j’avais oublié de prendre... Le lendemain une fois que nous étions arrivés à Montpellier Gio avait un plan . Nous avons rejoint Carcassonne grâce à Blablacar et nous sommes arrivés dans les temps, facilement. C’est donc dans l’après-midi de vendredi que nous sommes allé chercher nos dossards, repérer la zone de départ, contempler les lieux qui étaient bien sympathiques. Nous sommes tous rentrés tôt dans nos quartiers pour une bonne nuit de sommeil.

Le jour J est arrivé, c’est à 4h00 que mon réveil sonne. Le même petit rituel, c’est en mangeant calmement et en écoutant de la musique que je rentre dans ma bulle (Lien de la musique qui est passé en boucle à la fin ). Le départ est à 6h et je me rends au départ pour 5h30, les jambes vont bien, la tête aussi, j’aimerais pouvoir en dire autant de mon estomac. J’espère au fond de moi que c’est un petit nœud au ventre mais je ne m’attends pas à des miracles vu la qualité de mon alimentation des derniers jours. Malgré ça, je sais que j’adore courir le matin, encore plus quand il fait nuit, la température est très agréable. Olivier et Gio arrive 15 minutes avant le départ. C’est l’heure de se souhaiter la meilleure des courses. L’ambiance est sympathique sur la ligne de départ, mais clairement je n’attends que le coup de pétard... Il est 6h00 et c’est enfin le moment tant attendu. Il est clair que je dois me modérer car une longue épreuve m’attend. Je pense être parti en 100ème position environ. Le départ est calme mais pour autant je m’interroge déjà. Tous ces gens autour de moi respirent  fort, ils sont à un niveau d’intensité et je ne comprends pas pourquoi ils osent monter si fort. Je remonte naturellement la file indienne qui s’est formée. J’ai de bonnes sensations et le premier check point au bout de 6km arrive déjà. L’allure est au-dessus des 10km/h, je me dis que c’est un peu fort mais quand je vois comment sont les mecs autour de moi je ne baisse pas mon petit rythme. Je me dis que je suis dans le top 70/80. Les premières petites côtes arrivent et c’est à ce moment que je décide de rester derrière un groupe, même s’ils ne grimpent pas vite, j’imagine qu’ils ont de l’expérience et qu’il vaut mieux être prudent. C’est au km11 que cette première montée se termine, que cette première descente arrive, je décide de partir de mon groupe car ils n’allongent pas en descente, c’est trop lent pour moi. Je suis suivi par une féminine et nous nous détachons en reprenant quelques coureurs chaque km. C’est au km19, deuxième check point que je comprends que nous sommes bien dans la course. Je me souviens avoir pensé à cette barrière horaire qui devait être franchie avant 10h. Je suis parti il y à peine plus de 2h et elle est déjà franchie. On annonce à cette féminine qu’elle est première, alors je me remets à penser au classement... A ce moment-là je suis en réalité 33ème. Je n’ai aucune douleur dans les jambes, la tête va bien, l’estomac m’a dérangé sur une descente. Me laisser aller en descente me donnait des nausées, mais j’ai décidé de négliger cette alerte. Le moment le plus dur de la course allait arriver. Le gros du dénivelé est situé entre le km19 et le km33. Nous sommes maintenant 4 mecs à repartir ensemble. Ils ne montent pas très vite mais les descentes sont suicidaires. Je suis le dernier du petit groupe. Je colle le mec devant moi et j’ai très peu de temps pour réagir face aux obstacles. Je glisse beaucoup, je risque de chuter, et pourtant j’observe les 3 mecs devant moi qui se laissent 5m d’espace. Je ressors de ces descentes rapides avec les mollets démolis et je suis heureux de retrouver une montée pour avoir une accalmie. Je dois revoir la tactique. Nous avons encore remonté du monde. Mais j’ai mal, nous sommes au km 26 et ces 2 derniers km de descente ont ruiné la forme que j’avais. Je décide de prendre les devants dans la montée qui suit et avoir le champ libre pour la prochaine descente. Je dois rester prudent car la course est encore longue. J’arrive donc au km 33 retapé, avec mon petit groupe, ils m’ont rattrapé dans la descente et sont restés derrière moi. Ce ravitaillement de mi-course a l’air d’être pris plus au sérieux par les coureurs. Ils se posent, se ravitaillent en soupe chaude, prennent plus de temps. Je repars avec cette fameuse première féminine mais je sais que je ne la reverrai plus. Elle file loin devant, et je remonte prudemment. Je reste seul une bonne partie jusqu’au km 40. Je remonte du monde encore, les douleurs au ventre deviennent un peu plus gênantes à chaque descente, je commence à avoir du mal à manger (trop de sucre tue le sucre). C’est difficile à croire mais j’apprécie les montées, et je ne supporte pas les descentes, moi qui d’habitude adorent dévaler les pentes à bloc. Au ravito du km 40 je prends donc plus de temps. Pour manger d’autres choses. M’enlever ce goût de sucre dans la bouche. Refaire le plein pour cette fin qui s’annonce compliquée. Je repars avec 2 mecs qui avaient une bonne allure. Nous discutons ensemble, c’est d’ailleurs la première fois de la course où je parle vraiment à quelqu’un, ça parle de courses effectuées dans l’année et je me rends compte que ces mecs font les courses dont je rêve. Et quelques minutes après le début de discussion, je m’aperçois que nous ne voyons plus de balises. Le parcours était très fait et c’était étonnant d’en voir si peu. J’ai peur de m’être trompé. Il est clair que je n’étais pas attentif lors de notre discussion. Nous faisons demi-tour et effectivement nous voyons des coureurs partir dans une autre direction. L’addition fait mal. Nous avons fait 1.2km pour rien, et perdu 8 minutes... A l’instant T je ne sais pas ces chiffres, ce n’est que maintenant que Strava me le fait savoir. Mes 2 compagnons décident d’accélérer pour rattraper le temps perdu, et malheureusement, je suis incapable de tenir le rythme. Mes mollets m’envoient des signes de fatigue, accélérer a réveillé mes douleurs d’estomac, la tête n’y est plus. J’ai l’impression d’avoir fait trop de conneries. Nous sommes au km 42/43, je pense à regarder mon portable pour lire des messages et récupérer un peu de force. J’hésite longtemps car j’ai peur de sortir de ma course si je le sors. Je persévère quelques temps mais 10 minutes plus tard je le sors. J’échange quelques mots à Aline, qui fort malgré la situation arrive à me faire esquisser un sourire, j’ai ma Rosy qui m’envoie un résultat un live. Je suis pointé 24è au ravito km 40... Je suis stupéfait. J’aurai dû être heureux de ce résultat, sachant que je suis sensé m’en foutre de ce classement, mais j’ai la rage, d’avoir fait toutes ces erreurs, d’avoir fait les choses à moitié. Je suis au km 43, je suis écœuré, déçu d’être dans un mauvais jour. Il est compliqué de faire un récit des 20 derniers km car ils étaient bien nuls. Souvent seul pour rester concentré, en alternant la marche et la course. Parfois je pensais ne plus pouvoir courir et j’ai su me rappeler ce fameux Raid ESSEC. Merci à Vincent B, je sais maintenant que lorsqu’on ne pense plus pouvoir courir, on le peut encore . Merci aux bénévoles pour leurs faux espoirs, pour les soi-disant 9 km restant à partir du dernier ravito, pour le ‘maintenant c’est plus que de la descente’, je vous ai hais. Je passe donc la ligne d’arrivée au bout de 8h06, à la 51ème place, je retrouve le sourire car je pense à la spéciale dédicace pour mon frangin qui apprécie ce numéro . Même si j’ai pu être abattu à un moment de la course, je suis content au final. J’étais venu pour apprendre, j’ai fait beaucoup d’erreurs à mon goût mais c’est autant de leçons pour les prochaines courses.

Félicitations à Olivier, Giovanni et Maxime. Nous revenons de ce trail en ayant tous rempli le contrat.

Gros merci à ma famille, à Aline , à la fameuse Rosy , à mon binôme de ouf , à tout Beaumont triathlon car vous l’aurez compris, vous êtes en grande partie responsable de cette année de folie. Je peux vous garantir que 2020 sera encore plus grand .

J’espère que nous aurons l’occasion d’aller sur un trail l’an prochain, plus nombreux, pour partager à coup sûr une magnifique aventure .

Quelques chiffres sur la prépa : 12 semaines / 73h de course à pied / 651 km / 27h d’entrainements autres (Natation / PPG / Vélo).

Lien 1 pour la lecture Vegan Power :  Cliquez ici

Lien 2 pour la musique : https://www.youtube.com/watch?v=CwQtihBACm8&list=RDCwQtihBACm8&index=1

 

 

Quelques images de notre week-end...
Quelques images de notre week-end...
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Quelques images de notre week-end...